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Notre
association « Les amis d’André Laude » a été créée
le 13 mai 2008, dans le droit fil du travail réalisé ensemble
depuis septembre 2006, pour l’édition de l’œuvre poétique
d’André Laude aux éditions de la Différence.
Des
associations de solidarité avec André Laude avaient été créées
de son vivant. Après sa mort le 24 juin 1995, une association
intitulée :
« Poévie
association des amis d’André Laude et de Nora Nord »
s’était
constituée, présidée par Yann Orveillon.
Depuis des
hommages avaient paru dans
les revues : Hors-Jeu
et les Voleurs de Feu
en particulier.
François
Vignes a aussi édité deux livres romancés et poétiques sur André
Laude et le Rendez-Vous des Amis Les
Compagnons du verre à soif en 1998 (prix
Georges Brassens) et La
confrérie des
Bistroglodytes
en 2004.
En
2005/2006, plusieurs initiatives eurent lieu en mémoire poétique
d’André Laude pour le dixième anniversaire de sa mort.
Hocine
Bouakkaz avec Colette Louvois montent à Paris au Point Virgule en
face du « Rendez-vous des Amis », un spectacle
poétique
Un
vague début d’humanité
avec les comédiens de l’Ecole de Théâtre de Paris : de
nombreux amis parisiens d’André Laude étaient présents. Sabine
Laude, la fille d’André, soutenait cet l’hommage.
Yann
Orveillon réalise un nouveau numéro des Voleurs de Feu en
hommage à
André Laude.
Serge
Wellens vient à Aulnay-sous-Bois pour un hommage à André Laude et
à l’Orphéon, Maison de la Culture banlieusarde avant la lettre,
dont il fut le promoteur.
Cet hommage
fixé sur la pellicule eu lieu en présence de Vincent Aynes, le fils
d’André accompagné de sa femme et de sa mère Marie-Pierre (notre
trésorière) et aussi des amis de l’Orphéon et d’autres
artistes et poètes.
Dans ce
contexte Abdellatif Laâbi a pris l’initiative et a obtenu l’accord
des éditions de la Différence pour aller vers l’édition de
l’œuvre poétique
d’André Laude.
L’école
de Théâtre de Paris dans son local proche des Halles chères à
André Laude a permis de réunir l’équipe.
Le travail a
pu s’organiser : réunir les œuvres, les saisir, plus tard
les corriger et permettre l’édition d’un cahier-photos grâce à
la famille et aux amis d’André Laude.
Jocelyne
Laâbi a assuré les dernières corrections du volume.
Il faut
maintenant poursuivre : réussir le lancement de l’édition
pour faire lire, dire, écouter et faire connaître la poésie
d’André Laude.
Son œuvre
n’est pas limitée aux recueils de poésie publiés : il
y a tous les ouvrages en prose souvent autobiographiques comme « Liberté
couleur d’homme », tous les textes
préfaces, études sur des peintres, des
photographes, il y a enfin
le continent des articles de journaux, magazines, revues avec un
ensemble de textes de critique littéraire, des articles engagés,
des poèmes, des nouvelles… : citons les mythiques numéros
des « Nouvelles
Littéraires » (fin 1975, début 1976)
qui constituent une histoire des idées et de la littérature,
intitulée : « La
légende du demi-siècle »
(1925-1975).
Il y a aussi
la correspondance, bien entendu.
Nobut n'est
pas de tout rééditer nous-même, mais nous allons
favoriser toutes les initiatives de rééditions, tout le travail de
recherche. Nous avons à
cœur la diffusion de l’œuvre en général et en particulier d’en
assurer la transmission générationnelle.
Ce
programme nécessitait
une association déclarée : un premier numéro de la revue est
paru au début 2009, le site Poésie
urgente en sera le corrolaire sur Internet.
Nous
constituons d’ores
et déjà un fonds André Laude qui devra être accessible au public
et aux chercheurs.
Notre action
demande des moyens : de nombreux adhérents bien sûr,
mais aussi des
soutiens des collectivités publiques…
« La
poésie doit être faite par tous, non par un. »
AU
RENDEZ-VOUS DES AMIS
A
Madame David
*
Dans
le café surréaliste
où
la chevelure de Bérénice
s’accroche
aux hanches des garçons
Parlent
sans s’écouter vraiment
tant
ils ont bu
Dante
et Fernando Pessoa
Epaules
tassées, j’entends
Moi
l’obscur employé
du
ministère du néant
amateur
fiévreux d’ouzo et de vin de Porto
*
Dans
le café surréaliste
J’attends
les couteaux, le sang
Les
bourgeoises excitées
Les vieilles putains sans dents
Les
perdants
qui
jouent leur suicide aux dés
Dans
le café surréaliste
aux
ors fins comme des lames
d’où
l’on ne sort jamais
Même
pas au bras d’une
belle,
énigmatique, riche femme
*
Dans
le café surréaliste,
Je
vois des stars des madones des artistes
Des
tueurs au regard fixe
Des
jeunes femmes tristes.
Un
étrange poison coule le long de leurs veines
qu’on
nomme Passion
Nées
toutes sous le signe du Poisson
Elles
traversent les flammes et les miroirs
Elles
sont les adorables, dérivantes robes du soir
leurs
épaules écorchent mes lèvres.
Dans
la forêt des chairs calcinées
J’écoute
les échos d’écorce.
*
Dans
le café surréaliste
les
poupées mélancoliques de Patrick dansent
un
étrange mélancolique tango
de
Buenos Aires
Dans
le quartier chaud
des
poussières
les
hommes n’ont plus que la peau
et
les os
Amers
sont
les oiseaux
de
fer
dans
les jardins des supplices
Mais
les
femmes s’avancent jardins des délices

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